La Boule Noire - Paris - FEWS

Reconnus pour leurs concerts incendiaires, le groupe de noise-pop FEWS marque son retour avec un nouvel album Into Red (1er mars 2019, Play It Again Sam) et une tournée européenne.  Après avoir effectué de nombreuses tournées jusqu’en 2016-2017, dont deux tournées en première partie de Pixies, le quatuor anglo-américain / suédois s’est retiré à Malmö. Into Red voit FEWS dégager ses influences et ses expériences pour développer leur propre son. Pour la première fois depuis leur création en 2014, les quatre membres du groupe habitent tous dans la même ville. Malmö offre un environnement et une ambiance parfaits pour des projets artistiques sans entraves.

La maison de couture Valentino a choisi Business Man pour sa campagne Made In Roma automne / hiver. Le nouveau single, Paradiso ouvre un champ plus vaste au groupe. Mixé par James Dring (Gorillaz, Loyle Carner, Nilufer Yanya), Into Red est une déclaration plus cohérente que leur impressionnant premier album Means.

 

« De loin la chose la plus personnelle que j’ai jamais vécue – faire ces chansons. Nous voulions faire un album qui signifiait réellement quelque chose et pas juste une suite de chansons. Nous voulions aller au niveau supérieur. N’avoir aucune restriction. Personnellement, je voulais voir à quel point je pouvais être honnête avec moi-même sans me mettre trop mal à l’aise. David dit qu’Into Red est comme un camion roulant à 300 kilomètres à l’heure sur la glace en perdant presque le contrôle, ce qui résume bien le problème. » Frédéric

 

1ère partie : Gavagaii

Tout le monde est prêt à s’accorder pour dire que l’étape la plus difficile dans la vie d’un groupe, c’est d’accoucher du deuxième disque. Comme si le premier s’affirmait d’évidence et que transformer l’essai devait avoir lieu dans la souffrance. À regarder le parcours du trio Gavagaii, cette assertion vole tout simplement en éclats. Car l’étape la plus difficile lorsqu’on partage un projet musical, c’est plutôt de s’affranchir du plus vicieux des pièges : conceptualiser avant d’allumer les amplis.

 

C’est précisément ce qui a lié Pierre et Maximilien, respectivement batteur et guitariste du groupe lorsqu’il ont décidé de rempiler en duo après une expérience passée trop cérébrale. Leur leitmotiv à ce moment crucial : jouer. Et ensuite jouer encore. Sans jamais se poser la question qui tue la magie : “bon, comment on veut sonner ?”. Les références communes, de Refused à Jesus Lizard en passant par Nirvana et Fugazi, sont de toute manière déjà évidentes, c’est déjà ça de coché. Gavagaii est un cri qui interpelle les notions les plus sacrées lorsqu’il s’agit de créer de la musique : l’authenticité et la spontanéité. Qui ne se manifestent jamais sans un principe qui pilote tous les autres : le plaisir.

 

Une (grosse) poignée d’instrumentaux taillés à la serpe et un chanteur (Christophe, transfuge d’Every Man Has Your Voice) plus tard, la poudre peut prendre feu : le premier EP de Gavagaii sorti en 2017 intitulé “Life, Death & Authority”, grave l’intention de trio dans la pierre. À ce jour, pas une salle rock parisienne n’a pu échapper à l’énergie brute du groupe sur scène, là où se justifie pleinement l’existence même de Gavagaii : l’Olympic Café, la Mécanique Ondulatoire, le Badaboum…se rappellent désormais des fondements de ce rock aussi simple qu’un bon larsen volontaire.

 

“Greetings From The Woods”, deuxième EP du groupe et suite logique d’un parcours trop urgent pour tricher (zéro question, que des répétitions, de la sueur et de la scène), enfonce le clou et exacerbe, grâce à un travail de production puissant et sans fioriture, la formule de Gavagaii : une guitare abrasive passée dans un octaver pour nourrir le mélange en fréquences basses, un jeu de batterie qui transpire l’urgence, un chant dont l’énergie dit en substance “c’est ici et maintenant que ça se passe”, et basta. Le riff venimeux de “Mullet Head” et la tension absolument contagieuse de “Greetings From The Woods”, comme autant de raisons d’entamer un conflit pour tapage avec tout le pâté de maison, n’exigent pas de dictionnaire du style pour être saisies : ce groupe est avant tout fait pour être vécu.

 

Le philosophe Willard Van Orman Quine, inspirateur involontaire du nom du groupe, l’aurait probablement approuvé en faisant cracher son ampli dans le salon.

 



Samedi 23 mars 2019

20h00


Première Partie : Gavagaii

Organisateur : Alias Production

14,8 €Réserver